Richelieu, miroir de la France : comment chaque époque a inventé son Cardinal
Armand Jean du Plessis, cardinal de Richelieu (1585-1642), principal ministre de Louis XIII à partir de 1624, consacre sa vie à renforcer l’autorité royale face aux huguenots, à la noblesse factieuse et à l’encerclement des Habsbourg, posant ainsi les bases de l’État moderne centralisé. Contemporains et adversaires le jugent déjà très controversé : on lui reproche un enrichissement personnel spectaculaire (fortune estimée à 20 millions de livres, soit 15% des depenses annuelles de l'Etat) ainsi que des décisions autoritaires – exécutions de grands seigneurs, répression féroce des révoltes et des duels, centralisation impitoyable. Son Testament politique, rédigé sous sa direction vers 1640 et publié dès 1688, laisse très tôt une trace durable dans la pensée d’État ; ce legs s’enrichit et se complète au tournant de 1800 par la publication et le regroupement de ses mémoires et papiers d’archives, qui offrent aux historiens un corpus documentaire de première importance. Il n’y a pas un...