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Affichage des articles du 2026

Richelieu, miroir de la France : comment chaque époque a inventé son Cardinal

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Armand Jean du Plessis, cardinal de Richelieu (1585-1642), principal ministre de Louis XIII à partir de 1624, consacre sa vie à renforcer l’autorité royale face aux huguenots, à la noblesse factieuse et à l’encerclement des Habsbourg, posant ainsi les bases de l’État moderne centralisé. Contemporains et adversaires le jugent déjà très controversé : on lui reproche un enrichissement personnel spectaculaire (fortune estimée à 20 millions de livres, soit 15% des depenses annuelles de l'Etat) ainsi que des décisions autoritaires – exécutions de grands seigneurs, répression féroce des révoltes et des duels, centralisation impitoyable. Son Testament politique, rédigé sous sa direction vers 1640 et publié dès 1688, laisse très tôt une trace durable dans la pensée d’État ; ce legs s’enrichit et se complète au tournant de 1800 par la publication et le regroupement de ses mémoires et papiers d’archives, qui offrent aux historiens un corpus documentaire de première importance. Il n’y a pas un...

Histoire des turpitudes des finances publiques françaises : de Philippe le Bel à la réforme des retraites

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L'histoire financière de la France est un roman d'ombres et de lumières, où la grandeur côtoie sans cesse l'expédient, et où le génie administratif se met trop souvent au service d'une fuite en avant. De la mutation monétaire médiévale à la défiance souveraine du XXe siècle, l'État français a déployé une inventivité redoutable pour vivre au-dessus de ses moyens. Retour sur sept siècles de turpitudes, des caisses vides de Philippe le Bel au fracas de la défaillance sur la dette américaine. Le Roi faux-monnayeur : Philippe le Bel (1285-1314) Le prototype de toutes les cavaleries financières de l'État moderne naît avec Philippe IV, dit le Bel. Confronté au coût insatiable de la construction étatique et de ses guerres en Flandre, le roi systématise trois expédients qui feront école. Philippe le Bel, wikicommons D'abord, les mutations monétaires  : entre 1295 et 1306, il diminue à onze reprises le poids de métal précieux dans les espèces tout en maintenant leur c...

Les tactiques de la gauche malthusienne réactionnaire

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Thomas Piketty l’a théorisé avec la précision d’un normalien : depuis les années 1980, le discours politique occidental se polarise entre entre Gauche brahmane, caste d’intellectuels, de hauts diplômés et de gardiens du temple de l’universalisme et de l’égalitarisme, et Droite marchande, qui rassemble entrepreneurs, hauts revenus et pragmatiques du bilan. La première parle de valeurs, la seconde de chiffres. La première domine les universités, les médias et les tribunes morales ; la seconde les conseils d’administration et les marchés. En France, ce clivage n’est pas une invention récente : il est simplement revenu en costume trois-pièces et en hoodie militant. Car la Gauche brahmane est un nouveau clergé – comme l'explique avec causticité Jean-François Chemain dans Notre amie la gauche : deux siècles de cléricature (2025). Les mouvements de masse ne viennent pas du peuple, mais naissent toujours des « hommes de parole » — intellectuels, prêtres ou professeurs — qui transforment le...